Parfois, j’ai le blues et je me dis : ” j’aurais aimé être un artiste pompier “.

Parfois, j'ai le blues et je me dis : "j'aurais aimé être un artiste pompier ".

Sometimes I'm feeling blue and I say to myself: "I would have liked to be a firefighter artist"

acrylique, huile et matériaux

acrylic, oil and materials

162 x 130 cm

Détails

J’aurais aimé être un artiste-pompier
(English below)Cela fait parfois du bien de rêver d’une vie qui en vaille vraiment la peine. Autrefois, je rêvais ainsi fréquemment que j’étais l’assistant de l’un de ces peintres de grands plafonds baroques comme Andrea Pozzo, Giovanni Lanfranco ou Pierre de Cortone. Je me voyais sur les échafaudages avec eux. C’était le pied ! Maintenant que je connais mieux le xixe siècle et que je me suis affranchi des préjugés habituels, j’ai un peu évolué. J’ai désormais le fantasme d’être peintre d’histoire en France, à la Belle Époque. Je m’imagine volontiers au tournant du siècle, dans la peau d’un Benjamin-Constant, d’un Gustave Moreau, d’un Albert Besnard, voire d’un Rochegrosse. Quand on dort, il ne faut rien se refuser.J’aurais eu mon atelier, mes élèves, mes modèles vivants et ma Légion d’honneur. On aurait fait de la peinture à fond et des parades à poil dans Paris. La vie, la vraie, en somme, comme on dit chez Auchan. J’aurais adoré participer à ce temps où il y avait des statues à tous les carrefours et des peintures dans tous les bâtiments. C’était une période inouïe où l’art était partout à profusion. Évidemment, je ne parle pas des petits tartineurs de dentifrice, genre impressionnistes. Je parle de peinture à ceux qui s’y connaissent.Aujourd’hui, on n’est plus au xixe et le contexte est bien différent : on se sent globalement en manque d’art. Ceci mériterait quelques nuances et quelques développements. Cependant, tout le monde comprend qu’on n’est pas à une époque d’artistes, mais plutôt dans une ère de businessmen. Et je crois que, par un effet de contagion, moi aussi, sans être dans les affaires, j’ai le blues du businessman. C’est pourquoi je fredonne de temps à autre : « j’aurais aimé être un artiste-pompier ! »


I would like to have been a ‘pompier’ artist

It is sometimes good to dream of a life that would really be worth it. I very often used to dream that I was the assistant of one of the painters of great Baroque ceilings such as like Andrea Pozzo, Giovanni Lanfranco or Pierre de Cortone. I saw myself on scaffolding with them. It was fantastic! Now that I know the 19th century better and have overcome the usual prejudices, I have made a little progress. I now dream of being a historic painter in France during the Belle Époque. I can clearly imagine myself at the turn of the century—as Benjamin-Constant, Gustave Moreau, Albert Besnard or even Rochegrosse. When you sleep, you shouldn’t refuse anythingI would have had my studio, my students, my live models and my Legion of Honour. We would have painted furiously and paraded naked in Paris. Life, ‘real life’ in fact as Auchan supermarkets put it. I would have liked to have been part of this period when there were statues at every crossroads and paintings in all buildings. It was a fantastic period with a profusion of art everywhere. I’m obviously not referring to little toothpaste spreaders of the Impressionist kind. I’m talking about painting to those who know it.We are no longer in the 19th century today and the context is very different: we feel an overall shortage of art. This would need a few nuances and some explanations. However everyone understands that we are not in a period of artists but rather in an era of businessmen. And I think that a contagious effect has given me the businessman’s blues as well, even though I am not in business. And this is why I sometimes hum ‘I would like to have been a ‘pompier’ artist!’