Biographie

Biographie... un peu arrangée

1956  |  Naissance de l’artiste

1975  |  Entrée à l’Agro Paris-Grignon et participation à des films et à la revue Karamazov

1996  |  Première participation à Figuration critique 

1996  |  Première exposition personnelle à la galerie Sylvie Guimiot, Paris 4e

1998  Salon de Montrouge

2007  Première participation à Mac2000

2010  |  Cop’Art et publication d’un premier recueil de peinture (mécénat Martin Média) 

2011  Première exposition à la galerie Alain Blondel 

2011  | Publication du roman 121 curriculum vitae pour un tombeau et du recueil de peintures Portraits (L’Éditeur)

2014  Publication du roman Précipitation en milieu acide (L’Éditeur) 

2014  |  Début d’une activité de journaliste artistique et de critique d’art dans plusieurs revues et magazines

2017  Publication du roman L’Art des interstices (L’Éditeur) 

2021  Reprise de la peinture après une période de difficultés physiques 

Je suis né en 1956, à Paris. J’ai grandi dans cette ville, je n’en ai pas bougé et je suis toujours là. On peut dire que ma vie, vue de l’extérieur, ne comporte aucun élément saillant. Je suis à l’avenant : casanier, velléitaire, inoffensif, disons presque inoffensif. Je ne ressemble en rien à ces artistes pétulants, soi-disant subversifs, qu’affectionnent le ministère de la Culture et ses réseaux. Je suis, au contraire, un type précis, têtu, travailleur, persévérant et habité par toutes sortes d’idées. J’ai souvent dû assumer des positions minoritaires. En particulier, depuis longtemps, je conteste l’art contemporain, du moins ses inconsistances officielles. Je conteste l’histoire de l’art aplatie et rétrécie qui prévaut un peu partout. J’aimerais que notre époque fasse plus de place à l’art, je veux dire à l’art au sens ordinaire, à l’art sensu stricto, à l’art que j’aime et qui a enrichi ma vie. Rétrospectivement, j’ai le sentiment regrettable d’avoir, malgré moi, passé toute ma vie dans l’opposition. Je me sens, à présent, un peu comme ces gens qui, à la façon de Blanqui, après avoir eu des vies empêchées, ont très envie d’agir et parfois même d’en découdre. 

Commençons par le commencement : mon enfance. Elle a été longue, ennuyeuse et, surtout, solitaire. Une des possibilités que j’ai trouvées pour me distraire a été d’aller traîner dans les musées. C’est un truc à faire à Paris. Il y a le Louvre et beaucoup d’autres endroits. Je me suis aussi, bien sûr, souvent rendu en Italie. À vingt ans, j’étais allé vingtcinq fois à Florence. Au début, la peinture ne me passionnait pas spécialement. Mais à force, j’y ai pris goût. Je me suis fait mes idées, beaucoup d’idées, et des très personnelles. Bizarrement, je ne me suis jamais vraiment intéressé aux petits tartineurs de dentifrice genre impressionnistes, et pas davantage à la modernité ou à l’art dit contemporain. Ils n’existaient pas pour moi. Je me suis abonné à Chefs-d’œuvre de l’art. On m’a offert des livres d’art. J’en empruntais. Je ne lisais jamais les commentaires, ce qui, au fond, est un bon choix. J’ai pris l’habitude, chaque jour, de passer un certain temps à regarder des reproductions de peintures, comme d’autres prennent le thé ou bouquinent au lit. Ça n’a jamais cessé depuis. 

Je fais une parenthèse : ces dernières années, j’ai rencontré des artistes du renouveau figuratif européen. Ils m’ont raconté leurs vies et cela m’a aidé à mieux comprendre la mienne, au fond très similaire. J’ai remarqué, en effet, qu’ils avaient en commun le fait d’avoir progressé dès l’enfance dans la figuration en étant totalement à l’écart des influences et des modes ambiantes. Par exemple, Lars Elling et Justin Mortimer ont passé une bonne partie de leur jeunesse à l’hôpital. On leur a offert des crayons de couleur et ils ont dessiné durant de longues années sans avoir aucun rapport avec l’art censé être celui de leur époque. Ils ont pris plaisir à représenter des choses et des gens autour d’eux, et même à raconter en images de petites histoires. Quand ils sont entrés aux Beaux-Arts, ils étaient trop avancés, leurs choix étaient irrévocables. D’autres artistes ont eu une évolution comparable, mais pour des raisons différentes : par exemple, Markus Akesson a, si je puis dire, bénéficié d’un isolement social total dans une famille de bûcherons. On pourrait multiplier les exemples. Toujours est-il que ces parcours m’ont fait comprendre cette chose simple : c’est parce que j’ai eu une enfance très solitaire que mon goût pour la figuration a pu se développer et se fortifier. Quand j’ai été mis en contact avec la modernité et l’art contemporain, après mes vingt ans, il était trop tard, j’étais irrécupérable. 

Je reviens au fil de ma jeunesse. J’ai eu la chance d’avoir une grand-mère maternelle que j’adorais, Marguerite Juille. Elle était institutrice, comme presque tous les membres de ma famille, et d’origine limousine. Elle m’aidait à dessiner des frises sur mes cahiers. Elle me poussait à observer les belles choses, comme de simples herbes dans les fossés. Elle me faisait aussi faire des dictées et des rédactions en exigeant « des phrases courtes » et « des mots justes ». Elle m’offrait des albums du Père Castor qui m’ont donné, il faut bien le dire, plus de plaisir que toute l’œuvre de Picasso. 

Une amie de la famille, l’artiste Léo Lotz, m’a transmis les bases de la peinture à l’huile. Elle me préparait des natures mortes de saison. Elle m’a fait entrer dès l’âge de dix ans dans son cours d’après modèle vivant. Elle critiquait mes peintures de bon cœur et me poussait à progresser sans chichis. 

Je passais mes grandes vacances sur le plateau de Millevaches, souvent seul. J’ai été durablement imprégné par cette nature foisonnante, gorgée d’eau et peuplée de ruisseaux. Il y avait aussi la femme de ménage de mon grand-père paternel, instituteur à la retraite, une certaine Marthe Ribière. Les larmes me viennent aux yeux quand je pense à elle. Elle s’occupait de moi, m’amenait aux champignons, veillait à ce que je fusse heureux, admirait tout ce que je faisais. En soirée, j’allais au presbytère pour jouer et discuter avec l’abbé Frémont, ermite en charentaises et esprit acéré. Ce sont de bons souvenirs. 

Durant mes années de lycée, j’ai passé mon temps à faire des caricatures de mes profs et à les faire circuler. J’étais connu pour ça. Certains enseignants me faisaient même venir au tableau pour croquer un de leurs collègues. Depuis cette période, je suis resté attiré par la force satirique des images. Je faisais aussi beaucoup de dessins, surtout des chevaliers et des femmes, aspirant moi-même à être une sorte de chevalier remarqué par des femmes. Le frottement de la plume faisait un bruit de scie dans les salles de classe, mais mes professeurs, dans le contexte post-soixante-huitard, n’étaient pas hostiles à la notion de créativité. 

Mon tempérament plutôt solitaire et renfermé m’a donné l’habitude de regarder le monde avec passivité, détachement, comme si je n’en étais pas vraiment partie prenante. Je n’analysais guère ce qu’il y avait autour de moi en termes d’opportunités d’action ou de sociabilité. J’étais le plus souvent en mode vache qui regarde le train. J’étais presque exclusivement sensible à ce que les choses et les êtres autour de moi exprimaient au-delà d’eux-mêmes. J’ai, en réalité, beaucoup observé le monde sans que ce soit réellement un projet volontaire. À force, cela m’a donné énormément envie non pas d’agir mais de m’exprimer. 

Quand il a été question de mon orientation, j’ai dit tout simplement : artiste ! Ma famille voyait les choses autrement. Artiste, ce n’était pas une situation. Difficile, d’ailleurs, de dire le contraire. En plus, c’était l’époque de Michel Journiac et de la coopérative des Malassis, et il n’y avait plus de modèle d’artiste qui pût faire rêver des parents. Je sentais bien, moi aussi, que quelque chose clochait. On n’était plus au xixe siècle ! De toute façon, je manquais de caractère pour m’opposer à ces évidences. 

Il se trouve que le député de notre région d’origine, un certain Jacques Chirac, était à ce moment-là ministre de l’Agriculture. Il côtoyait dans son administration beaucoup d’anciens de l’Agro. Cela le changeait des énarques. Il disait le plus grand bien de cette école lors de ses tournées en Corrèze. C’est tombé dans l’oreille de mes parents. S’il avait été ministre de l’Industrie, peut-être aurais-je été aiguillé vers Polytechnique, mais dans ces circonstances, l’Agro est momentanément apparue plus désirable. On m’a donc inscrit en prépa Agro. Je me suis appliqué, j’ai été bon élève, je suis entré major. Mes performances scolaires se sont toutefois arrêtées net après ce résultat. Toute motivation de ma part s’est évaporée. À l’Agro, j’ai rencontré quelques étudiants qui étaient, eux aussi, des sortes de « malgré-nous ». On a passé notre temps à discuter et écouter de la musique. On était des glandeurs, mais l’école nous foutait la paix. Finalement, on a fondé une petite revue littéraire : Karamazov. Je me suis remis à peindre, on a tourné un film. Bref, l’Agro a été pour nous ce que Normale sup a été pour d’autres : une pétaudière fertile. Pour faire durer le plaisir, j’ai fait deux spécialisations successives : économie politique appliquée au développement puis écologie. 

En entrant dans la vie active, j’ai senti qu’une porte se refermait derrière moi. Je peignais le soir, le week-end, parfois entre midi et deux. Je n’avais pas de loisirs. La fatigue s’accumulait. En plus, le genre de peinture que je pratiquais était anachronique et invendable. C’était une situation sans issue. Tel le marrane partagé entre deux cultes, je surjouais en journée le rôle de l’ingénieur voué corps et âme à son entreprise alors que je ne pensais qu’à cette autre vie résiduelle et sacrée que je cachais. Ces années ont été difficiles.  

J’ai quand même pu faire évoluer mes missions pour découvrir des choses. Ainsi, ayant été embauché par le ministère de l’Agriculture, en aije profité pour devenir médiateur dans les conflits sociaux. J’ai visité des usines agroalimentaires, rencontré des syndicalistes et des salariés les plus divers, exploré le monde du travail, puis enseigné ces matières à l’Agro et à l’école des Mines. Ce long détour a au moins eu le mérite de mieux me faire mieux comprendre la vie des hommes et des femmes de mon temps. Finalement, ayant commencé à vendre mes peintures, j’ai pu tout quitter.  

Dès lors, j’ai participé de plus en plus souvent à des collectifs d’artistes et à divers salons (Montrouge, Comparaisons, etc.). En 1996, j’ai été accueilli dans le groupe Figuration critique, parrainé par Jean-Yves Ramelli. À partir de 2007, j’ai exposé à MACParis, avant de devenir membre du comité de sélection. En 2010, invité à COP’ART (Meuse) par Jean-François Poncin, j’ai bénéficié du mécénat de Martin Média pour publier une première édition de mes peintures en forme de CV. Peu après, une présentation plus complète a eu lieu à la chapelle Saint-Libéral, à Brive. 

Un certain nombre d’expositions personnelles en galerie ont été organisées en France et à l’étranger. Les plus importantes ont eu lieu, à partir de 2011, à la galerie Alain Blondel, à Paris 

Après avoir rencontré l’auteur et éditeur Olivier Bardolle, j’ai été saisi par une sorte d’enthousiasme d’écrire. J’ai rédigé un premier roman, 121 curriculum vitae pour un tombeau. Il a été publié chez l’Éditeur en 2011 et faisait partie de la sélection du festival du premier roman de Laval en 2013. La sortie de ce roman a été jumelée avec le livre Portraits qui réunissait cent vingt et une peintures d’hommes et de femmes de notre temps. A suivi Précipitation en milieu acide, sélectionné pour le prix du deuxième roman de 2014. Puis L’Art des interstices en 2017. J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ces romans. J’ai surtout compris qu’on pouvait y exprimer beaucoup plus de choses que ce que permet ordinairement la peinture. De ce fait, quand je suis revenu vers la peinture, j’ai ressenti une exigence de sens accrue. Il m’apparaissait que la peinture, certes, doit être picturale, mais doit aussi exprimer avec acuité, avec vérité, la vie des hommes et des femmes de notre temps. 

Dès mes premières expositions, j’avais commencé à écrire de courts textes pour aider le public à s’affranchir des préjugés pénalisants inhérents à la culture de la modernité. J’avais, en effet, le sentiment que la nouvelle peinture figurative internationale, en général, et la mienne en particulier, étaient dans l’angle mort des regardeurs, surtout des plus cultivés. Nous étions perçus comme des ringards, des provinciaux, des passéistes. C’est ce qui m’a décidé à me lancer dans une réflexion théorique. Certaines rencontres m’ont beaucoup aidé à penser la situation, notamment celle de Laurent Danchin. Cela a débouché depuis 2009 sur la rédaction de nombreux articles de presse. Les uns sont consacrés à élargir le regard sur l’histoire de l’art, les autres à pouvoir accueillir la nouvelle peinture figurative. Après des débuts dans la petite revue marxiste Écritique, j’ai publié régulièrement dans deux magazines de sensibilités très différentes, mais que j’apprécie pour leur belle liberté d’esprit : Causeur avec Élisabeth Lévy et Artension avec Françoise Monnin. 

Mon activité de peintre a malheureusement diminué durant près de six ans en raison de problèmes de colonne vertébrale. Cependant, mon atelier a bénéficié récemment d’un aménagement de poste de travail et je peins à nouveau sans entraves. C’est pourquoi je produis actuellement des toiles en vue de nouvelles expositions. Par ailleurs, je prépare des essais et probablement, après, un autre roman. C’est en tout cas dans cette perspective que je me dirige ! 

 

VERSION ANGLAISE

 

I was born in 1956 in Paris. I grew up here, have never moved, and I’m still here. You can say that seen from the outside my life has no prominent feature. I go along with what happens: stay-at-home, irresolute, inoffensive—let’s say almost inoffensive. I am nothing like those petulant, supposedly subversive artists liked by the Ministry of Culture and its networks. On the contrary, I am precise, obstinate, hardworking, persevering and the holder of all sorts of ideas. I have often had to take minority positions. In particular, I have contested contemporary art, at least in its official inconsistencies, for a long time. I contest the flattered, shrunken history of art that prevails almost everywhere. I would like our times to award a larger role to art in the ordinary meaning of the word, to art sensu stricto, to the art that I like and that enriches my life. Retrospectively, I have the regrettable feeling of having spent all my life in the opposition—in spite of myself. I now feel somewhat like those people who, like Blanqui, after having had restricted lives, strongly want to act and sometimes even to fight.
Let’s start at the beginning: my childhood. It was long, boring and above all solitary. One of the ways I found to spend my time was hanging around in museums. This is a thing to do in Paris. There is the Louvre and many other places. And I often went to Italy, of course. When I was 20 years old, I had been to Florence 25 times. At first, I was not particularly passionate about painting. But in the end, I developed a taste for it. I developed my ideas, lots of ideas—and very personal ones. Curiously, I was never really interested in the little toothpaste smearers of the impressionist type or in the modernity of art referred to as “contemporary”. They did not exist for me. I took a subscription to Chefs-d’œuvre de l’art. I was given art books. I borrowed some. I never read commentaries, which was basically a sound choice. I acquired the habit of looking at reproductions of paintings for a while every day, in the same way that some drink tea or read in bed. I have done this ever since.
A digression: I have met artists of the European figurative revival in recent years. They told me about their lives and this helped me to understand my own—finally very similar. I noted in fact that a common feature was that they progressed in figurative work from childhood onwards, being totally apart from ongoing influences and fashions. For example, Lars Elling and Justin Mortimer spent a sizeable part of their youth in hospital. They were given crayons and they drew for years without any contact with the art considered to be that of their time. They enjoyed portraying the things and people around them, even telling little stories in pictures. They were too advanced when they went to art school—their choices were irrevocable. Other artists developed in the same way but for different reasons. For, example, Markus Akesson, it could be said, benefited from total social isolation in a family of woodcutters. And more examples could be found. However that may be, these patterns made me understand a simple thing: my taste for the figurative developed and strengthened because I had a very solitary childhood. When I came into contact with modernity and contemporary art when I was over 20 it was too late. I was irretrievable.
Going back to my youth, I was lucky to have a grandmother, Marguerite Juille, who I adored. She was a primary school teacher, like practically all the members of my family, and was from the Limoux region. She helped me to draw borders in my notebooks. She encouraged me to look at fine things, such as ordinary grass in ditches. She also made me do dictation exercises and essays, insisting on “short sentences” and “the right words”. She gave me Père Castor story books which in truth gave me more pleasure than Picasso’s entire works.
The artist Léo Lotz, a friend of the family, taught me the basics of oil painting. She prepared my still lifes of the season. She took me into life classes when I was ten years old. She criticized my paintings willingly and encouraged me to make progress without making a fuss.
I spent my summer holidays on the plateau de Millevaches, often alone. I was lastingly marked by generous nature gorged with water and peopled by streams. And there was also a certain Marthe Ribiere, a cleaning lady who worked for my paternal grandfather, a retired teacher. Tears come to my eyes when I think of her. She looked after me, took me out to look for mushrooms, made sure that I was happy, and admired everything that I did. In the evening, I would go to the presbytery to play and have discussions with Abbey Frémont, a hermit in carpet slippers with a very sharp mind. Good memories.
During my high school years, I spent my time drawing caricatures of my teachers and passing them around. I was known for that. Some teachers even took me to the blackboard to sketch one of their colleagues. Since then, I have been attracted by the satirical force of images. I also made a lot of drawings, especially of knights and ladies, hoping that I myself might become a kind of knight admired by women. The scraping of my pen made the sound of a saw in the classrooms, but my teachers—in the post-1968-events context—were not against the notion of creativity.
My somewhat solitary and withdrawn temperament gave me the habit of looking at the world in a passive and detached manner, as if I was not really involved in it. I hardly analyzed what was around me in terms of opportunities for action or sociability. I was mostly watched the world go by. I was sensitive almost only to what the things and people around me expressed beyond themselves. In fact, I watched the world a lot without this being a voluntary intention. In the end this gave me a great desire—not to act but to express myself.
As for the question of my career, I said simply: artist! My family saw things differently. “Artist” was not a career. It is difficult in fact to disagree with this. In addition, it was the period of Michel Journiac and the Coopérative des Malassis and there was no longer a model of an artist that could make parents enthusiastic. I myself also felt that there was something wrong. It was no longer the nineteenth century! In any case, I did not have the character to go against these obvious things.
It happened that Jacques Chirac, the MP for our home region, was Minister of Agriculture at the time. In the government, he rubbed shoulders with numerous Ecole nationale supérieure agronomique graduates. For him, this was a change from administration school graduates. He was very complimentary about the school during his trips in the Corrèze department. My parents heard that. If Jacques Chirac had been Minister of Industry, I might have been pushed towards Polytechnique but given these circumstances Agro seemed more desirable. I was thus enrolled in preparatory classes for Agro. I worked hard. I was a good student and entered at the top of the class. My scholastic performances nonetheless stopped dead after this result. Any motivation that I had evaporated. I met a few students at Agro who were there “in spite of ourselves”. We spent our time talking and listening to music. We were lay-abouts but the school left us in peace. We finally founded a small literary magazine called Karamazov. I started painting again and we made a film. In short, Agro was for us what the school Normale sup has been for others: a fertile bedlam. To make the pleasure last, I did two successive specializations: political economics applied to development and then ecology.
When I started my working life, I felt that a door was closing behind me. I painted in the evening, at weekends, and sometimes at lunchtime between 12:00 and 2:00. I had no leisure. Tiredness accumulated. In addition, the kind of painting I did was anachronistic and unsaleable. There was no solution to the situation. Like a Marrano split between two religions, during the day, I overplayed the role of engineer devoted to his employer body and soul while I thought only of this other, separate life that I hid. Those were difficult years.
But I managed to develop my missions to discover things. Thus, I took advantage of having been taken on by the Ministry of Agriculture to become a mediator in social conflicts. I visited agrofood establishments, met a very varied range of union officials and employees, explored the working world and then taught these subjects at Agro and the Ecole des Mines. This long detour had at least the merit of leading me to better understand the lives of the men and women of my time. Finally, I started to sell my paintings and was able to leave it all.
I then participated increasingly frequently in artists’ collectives and various shows (Montrouge, Comparaisons, etc.). In 1996, I was taken into the Figuration critique group sponsored by Jean-Yves Ramelli. From 2007, I showed work at MAC-Paris and then became a member of the selection committee. In 2010, invited to COP’ART (Meuse department) by Jean-François Poncin, I benefited from the patronage of Martin Média to publish a first edition of my paintings in the form of a curriculum vitae. A more complete presentation followed shortly afterwards at Chapelle Saint-Libéral in Brive.
A number of solo exhibitions were held in galleries in France and abroad. The most substantial were held from 2011 onwards at Galerie Alain Blondel in Paris.
After meeting the author and publisher Olivier Bardolle, I was taken by a kind of enthusiasm to write. My first novel was called 121 curriculum vitae pour un tombeau. Published by l’Éditeur in 2011 it was part of the selection of the Festival du Premier Roman in Laval in 2013. It was published twinned with the book Portraits that contained 121 portraits of men and women of our time. This was followed by Précipitation en milieu acide, selected for the Prize for a Second Novel in 2014. Then came L’Art des interstices in 2017. I tremendously enjoyed writing these novels. I understood above all that it was possible to express much more than was generally allowed in painting. So, when I returned to painting, I felt a greater need for meaning. I felt that painting should be pictorial of course but should also express the lives of the men and women of our time with acuteness and truth.
With my first exhibitions I started to write short texts to help the public to overcome the penalizing prejudices inherent in the culture of modernity. Indeed, I felt that the new international figurative painting in general—and mine in particular—were in the blind spot of those who looked at it, and especially those who were most cultivated. We were seen as square, provincial, and backward-looking. This is why I decided to go into a theoretical reflection. Certain meetings —especially with Laurent Danchin— were a great help in the situation. This led from 2009 onwards to writing numerous press articles. Some were aimed at a broader view of the history of art and others at welcoming new figurative painting. After my beginnings with Écritique, a small Marxist magazine, I published regularly in two magazines with very different approaches, but which I appreciate for their fine intellectual freedom: Causeur with Élisabeth Lévy and Artension with Françoise Monnin.
Unfortunately, my work as a painter has decreased for nearly six years because of vertebrae problems. However, my studio has recently been equipped in consequence and I can paint again without hindrance. This is why I am currently making paintings for new exhibitions. I am also writing essays, to be followed probably by another novel. In any case this is the direction that I am taking!